poèmes sos inceste Nantes

   
. Un geste d'amour (de trop) emilie le 18-04-2003 21:31   répondre
  
Avant de reproduire ce poème demandez en l'autorisation à l'association sos inceste pour revivre : assosos-inceste-pour-revivre.org et notifiez en l'origine.
C'est une marque de respect envers ceux et celles qui l'ont écrit...

  Je n’aurais jamais cru pouvoir en parler un jour.

La vie tourne. La vie avance et moi je fais du surplace. C’est pour ça que j’ai l’impression d’avancer. En réalité, c’est un leurre. Je ne me sens pas à ma place. Toujours trop jeune ou trop vieille. Trop en dehors des réalités…pour mieux pouvoir les éviter. Prête lorsque le train est déjà passé, moi, je reste à quai. Le regard vers ce point d’horizon que j’ai manqué. Je reste avec mes doutes mes angoisses. J’ai l’impression que ma vie se résume à cette attente incertaine : je suis sur le quai et je vois les trains passer, je n’en prends jamais aucun. Je n’arrive pas à lever et à tendre la main pour monter à bord.

Un jour ça va, un jour ça ne va plus. Il suffit que je sois fatiguée pour déprimer et manquer de souffle et d’espoir. Les médicaments annihilent toutes émotions et tout est mieux ainsi. Une vie indolore, quel bonheur ! Mais une vie indolore, est-ce encore une vie ?


La vie. La vie, ce n’est pas fait pour moi. Je suis misérable, rabrouée, incapable de me défendre. Je traîne ma laideur et pourtant, un appât je demeure. Pour eux, pour ces hommes je ne suis qu’un corps à prendre et un cœur à abattre. Un inerte corps réduit à un orifice sans plus de charme que d’être le tombeau d’une « petite mort ». Un corps sans autre intérêt que d’être assailli. C’est son rôle. Il a beau en chercher un autre, il a beau se paraître de beaux atours, créer l’illusion de l’épanouissement, ce corps n’a pas d’autre but que d’être abattu. Il est sale et informe. Pourquoi devrait-il en être autrement ? Mes émotions sont néants. Elles ne font qu’appesantir la chair. La chair. Une chair boursouflée et meurtrie qui cherche désespérément de l’air pour respirer. La tête est lourde, la peine aussi, le pas errant : où qu’il aille, ce corps ne sera toujours qu’un corps sans vie.

J’ai parfois l’idée que de me sentir petite fille est comme un réflexe de protection. Parfois, c’est paradoxalement pour me sentir plus à l’aise avec moi-même. Parfois encore, c’est naturel : quand je me lève le matin, quand je marche dans la rue, quand je suis à table.
Me mettre en valeur en tant que femme est dangereux pour moi. C’est toujours moi, un moi qui voudrait sortir et s’exprimer, mais il est sévèrement occulté par la petite fille. Elle dit bien à la femme que c’est dangereux, là, dehors, qu’elle risque d’être malmenée, manipulée, convoitée, abusée, agressée…il ne faut surtout pas qu’elle se montre cette femme ! Sinon elle courra un grave danger. Etre à la vue de tous ces regards qui vont lui faire du mal et parfois la salir. La petite fille met en garde la femme contre ces blessures. Elle rassure tout en dissimulant d’autres peurs. Ces peurs sont là, quelque part en moi, enfouies, endormies, guettant le moment propice pour faire leur « come-back ».
Je suis tiraillée entre le désir de plaire et la répugnance à l’être déjà.



Me marier ? J’arriverais à l’autel en traînant derrière moi le voile de la honte.

Je salis tout ce que je touche. Le matin au réveil, irradiant de saleté, mes pores transpirent de saleté, mon corps souffrent de saleté.

L’envie de crier ma douleur ? « Hé ! vous savez ce qui m’arrive, vous savez ce qu’il m’a fait !?! ». Mais les gens ne comprendraient pas. « Elle veut faire son intéressante », « Elle fait du mal à toute sa famille ». Le tabou est si lourd qu’il m’empêche de rompre le cercle familial. Ma mère préfère ignorer, ma sœur se détourne, mon père ne sait pas, mon frère…c’est lui mais il se tait. Tout comme moi.

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. Un geste d'amour (de trop) Sãmmi€ le 20-04-2003 01:55   répondre
  
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  Félicitation d'avoir ecrit ton histoire....
je me vois tres bien en cette histoire ....
bon courage et vient te confier sur le site ...

prends soin de toi et gros calin rempli d'amour et de tendresse ...

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