6. Comment agir
auprès d'un mineur?
Vous pouvez vous trouver face à plusieurs situations...
-
-
L'enfant se confie à
vous et il est d'accord pour en parler à d'autres adultes.
- Prenez l'enfant au sérieux car entendre
la victime d'un abus sexuel est le premier acte thérapeutique.
- Confirmez-lui qu'il n'est ni responsable,
ni coupable du comportement de l'adulte.
- Félicitez-le d'avoir eu le courage
de s'exprimer.
- Promettez-lui de l'aider et tenez parole
immédiatement. Agir rapidement est impératif: suite
à une confidence, l'enfant peut à nouveau se murer
dans le silence.
Adoptez alors une des procédures
suivantes:
- 1. Contactez les autorités administratives
pour lancer une enquête
sociale : Aide Sociale à l'Enfance
à Nantes : 02.51.17.21.72
- 2. Si vous estimez que l'enfant est en danger immédiat, adressez-vous directement aux autorités judiciaires:
- le Procureur de la République du Tribunal
de Grande Instance de Nantes - Quai François Mitterand
au ": 02.51 .1 7.95.00 (standard)
- les services de Police ou de Gendarmerie
les plus proches, au ": 17 ou la Brigade des Mineurs de
Nantes au ": 02.40.37.22.51
- 3. Vous pouvez aussi faire appel au N°
Vert pour l'Enfance Maltraitée au : 119 ou 0800-05-41-41
|
Toute personne qui
connaît un mineur en difficulté ou en danger a l'obligation
de le signaler aux autorités. |
Soit l'enfant n'agit pas
aussi directement.
L'enfant est soumis à de multiples pressions, manipulations,
terreurs familiales et autres... Sa parole est fugace et rétractable.
Quand il ne parvient pas à s'exprimer verbalement, il envoie
presque toujours des signaux qui témoignent de sa souffrance
à travers son comportement, son corps et/ou à travers
ses dessins.
La dépendance affective et émotionnelle, ainsi que
les menaces directes ou indirectes de l'abuseur ne lui permettent
pas de s'exprimer librement.
- Il est impératif de créer un climat de confiance
auprès de l'enfant pour qu'il puisse dévoiler un
abus.
- Trouvez le moment de lui parler dans un endroit calme. Osez
lui dire que vous avez des inquiétudes à son sujet:
`` As-tu un problème à l'école, avec tes
camarades, ta famille?»
- Dites à l'enfant que vous le croyez et l'aiderez.
Encouragez-le: « Tu vis peut-être des choses qui
sont difficiles à dire... »
- Ecoutez-le attentivement, respectez son rythme. Ne pratiquez
pas d'interrogatoire serré. Gardez votre sang-froid.
- Une lenteur et une certaine confusion dans l'expression ne
doivent pas vous dérouter: la victime est souvent bouleversée
à l'idée de briser le silence et peut avoir peur
des représailles de l'abuseur
|
ATTENTION : La victime
qui vient de parler se trouve dans une situation de danger accrue. |
Soit l'enfant vous parle mais
vous demande de garder le secret...
L'enfant cherche une issue de secours. Une des possibilités
qui s'offre à lui est « d'élargir son secret
»... et de vous y enfermer avec lui! Il vous a fait une
confidence qui le soulage mais il souffre de trahir cet abuseur
qu'il devrait aimer sans réserve... et qu'il craint! Il
vous demande de n'en parler à personne.
SE TAIRE, C'EST LAISSER UN ENFANT EN
DANGER...
- Il est fondamental de lui dire qu'il n'est
ni responsable ni coupable des actes des adultes.
- Expliquez-lui la différence entre
un bon
secret (" drôle et passionnant, par exemple un
cadeau d'anniversaire ") et un mauvais secret (" lourd,
inquiétant, qui te met mal à l'aise. Il ne faut
pas le garder pour toi, même
si tu l'as promis ").
- Expliquez-lui que vous ne pouvez pas garder
cette confidence pour vous et que l'abuseur lui fait du mal deux
fois: en utilisant son
corps et en l'enfermant dans le silence. L'adulte n'a pas le
droit d'abuser de lui: la loi l'interdit.
- Félicitez l'enfant d'avoir eu le courage
de parler. Assurez le de votre soutien. Informez-le de l'aide
que vous allez chercher. Agir rapidement est indispensable. Selon
son âge, vous pouvez appeler avec lui " SOS Enfance Maltraitée " (119) où on l'encouragera à
accepter d'être secouru.
- Suivez alors la procédure
comme indiqué p.14.(y
aller)
SOS ENFANCE MALTRAITEE
119 ou 0800 05 41 41 - 24h/24h - Gratuit
Il faut souvent patienter longtemps car les lignes sont très
encombrées. Sachez-le, prévenez les personnes de
ne pas perdre courage, attendez avec elles qu'une ligne se libère...
Ce service informe, conseille. Il reçoit aussi les signalements
qu'il transmet tout en préservant l'anonymat. |
L'enfant va mal mais il refuse
d'en parler...
- Ne l'abandonnez pas à son sort. Mais
ne vous lancez pas dans une enquête et encore moins dans
une confrontation avec l'abuseur supposé: vous mettriez
l'enfant en plus grand danger. Agissez avec discrétion,
dans le respect de la victime et la confidentialité vis-à-vis
des personnes concernées. Ne cédez pas non plus
au doute faute de preuves. Passez le relais aux autorités
compétentes pour mener une enquête sociale dans
la famille: l'Aide Sociale à l'Enfance à Nantes
au 02.51.17.21.72
Aider un mineur en danger
est un devoir. La loi nous en fait une obligation, quelque soit
notre métier ou notre lien avec la victime:
"Quiconque ayant connaissance de mauvais traitements infligés
à des mineurs de moins de 15 ans ou à une personne
n'étant pas en mesure de se protéger n'ayant pas
informé les autorités judiciaires ou administratives
est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 500000 Francs d'amende"
(articles 223-6 et suivants du Code Pénal).
en résumé, il est essentiel de
- Croire et soutenir l'enfant
- Garder son sang-froid et
préserver la confidentialité
- Ne pas chercher les preuves
ni interroger l'abuseur
- Signaler rapidement la situation
aux autorités administratives ou judiciaires
Les autorités se chargeront
de l'enquête et prendront, si nécessaire, les mesures
pour mettre le mineur à l'abri.
Dans le doute,
on ne s'abstient pas !
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