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Témoignages

 Comme une balade en scooter : espoir

D’abord, trouver un équilibre, au début précaire, hésitant mais sommes toutes indispensable. Et puis, mettre le contact, c’est important le contact, c’est l’énergie qui va permettre d’avancer, de s’élancer. Si on perd le contact, tout s’éteint, tout se fige, impossible de continuer. Ensuite, il faut oser, partir, se mettre en route. Et c’est là que tout commence vraiment. Un choix d’abord, un choix sans cesse d’ailleurs, quelle route je vais prendre ? A gauche, à droite ? Peut être tout droit ? Un lot d’incertitude, une flopée de renoncement, en partant à gauche, je ne saurais pas ce qu’il y a à droite. Mais, peu importe, si c’est la gauche qui m’attire. Une balade en scooter, c’est se laisser guider par son instinct, ses envies. Alors j’avance. Tantôt, tranquillement, doucement, alors je peux regarder le paysage, voir les oiseaux s’envoler, le soleil se lever, je peux entendre le vent, je peux sentir l’air ? Prendre le temps d’apprécier cette balade, et même sourire à ceux qui me doublent, croiser un regard ? Parfois, l’envie de vitesse prend le dessus, une ligne droite et dégagée, et je fonce, les paysages défilent plus vite, le vent souffle plus fort, je trace ma route, sans capter les détails. A ce moment là, la vigilance et l’attention sont de mises ? Quand elles ne sont pas assez présentes, je passe à côté de l’important sans m’en rendre compte et à vouloir aller trop vite, je me retrouve à un endroit que je n’ai pas vu venir, dans un lieu qui n’était pas prévu, et là, c’est ? une bonne ou une mauvaise surprise. J’apprécie ou je suis perdue, la vitesse parfois laisse place à la précipitation. Il faut alors retrouver son chemin et se reposer les bonnes questions : à gauche, à droite ? peut être tout droit ? Puis repartir, plus calmement, plus tranquillement. Cette fois, soucieuse de ne plus me perdre, la vigilance est accrue, l’observation aussi. Je vois davantage les obstacles qui se dressent sur la route, les dos d’âne, les trous de chaussées, les montées, les descentes.

Par moment, je les vois si bien qu’ils ne quittent plus mon champ de vision, qu’ils m’attirent. Je les sais dangereux, mais suis indéniablement attirée, une sorte d’attraction vers le danger, vers le frisson, l’adrénaline qui monte, le c ?ur qui bat plus fort, plus vite, une sensation de vie finalement ? A force de fixer l’obstacle, je m’y engouffre, j’y vais ? 2 cas de figures, soit je m’en sors et alors ressens une sensation de force, d’invincibilité, l’impression que rien ne peut avoir raison de moi, soit je me retrouve chaotique, un pneu qui crève, une chute inévitable et là, il faut réparer, recoller, se relever, faire face aux séquelles engendrées, croisées les doigts pour qu’elles ne soient pas graves ? J’ai une chance incroyable, une bonne étoile qui suis mon chemin, jusqu’ici, je me relève ? Mais je suis comme ça, à, parfois, défier les limites ? m’y brûler mais y retourner ? J’accepte ça. Et puis, je ne suis pas tout le temps comme ça. A d’autres moments, je vois les obstacles et là, je cherche l’autre voie,. J’ai compris depuis peu, que face à l’obstacle, le meilleur moyen de le traverser en moindre risque et violence est de chercher comment le contourner, quel passage empreinté pour le contourner. Fixer cette voie de contournement pour que l’attention soit plus concentrée sur elle que sur l’obstacle, et une fois, celui-ci passé, la joie de l’avoir franchi sans peur, sans frayeur est incroyable, et là aussi monte le sentiment de confiance, de maîtrise ? En plus, les voies de contournement comportent un nombre d’incertitudes incroyables, c’est bien souvent des chemins peu empreintés, je ne sais pas d’avance où cela va me mener, si je vais réussir à passer. Du coup, ces voies comportent leur lot de frissons, d’adrénaline, de c ?ur qui bat ?de sentiment de vie. En balade en scooter, les rétros ont aussi une grande importance, j’y vois s’éloigner ce que je laisse derrière, parfois sans aucun regret, parfois avec nostalgie. Naissent alors d’autres incertitudes, je connais ce qui a été mais que vais je trouver au détour de ce virage ? Parfois, je ralentis, la marche arrière me semble indispensable, j’essaie de m’accrocher à ce que j’avais même si je sais, profondément, que ce n’est plus ce dont j’ai besoin. Mais malgré tout, ce que je connais, même si ce n’est pas le bonheur, a un côté rassurant de par le fait même que c’est connu. Alors, il faut oser, remettre le contact, repartir, avancer. Parce que le chemin est devant, indéniablement ? Et les marches arrières, de toute façon, restent envisageables, les demi-tours possibles ? Alors, je n’ai rien à perdre à avancer ? Vient alors d’autres questions, ok j’avance, mais je vais où ? Il faut une bonne dose d’anticipation, de projection, de but et d’étapes à prévoir, de réactivité et de réajustement ? Ok, c’est compliquée, mais c’est en route ? et rien ne vaut plus que la route, ce chemin et ses détours, ce chemin et ses méandres, ce chemin et ses aller-retour, ce chemin et ses incidents, ce chemin et ses bonnes surprises ? la vie quoi ! Et si l’arrivée est au sommet alors oui, c’est que du bonheur mais, pas d’illusion, les sommets sont rares, bien souvent on se retrouve sur un plateau, pas toujours à la hauteur de ce qu’on souhaitait, tant pis, c’est déjà bien, j’ai tenté, j’ai essayé, je me suis lancée, je recommencerai, je réajusterai, j’y arriverai ! Sacrée balade en scooter !

anonyma

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