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Témoignages

 Un peu de lumière

Je voudrais par ce témoignage dire que l’on peut arriver à trouver la paix. J’ai souffert comme vous tous. Mais j’ai réussi à me trouver. Je suis un peu comme un puzzle. J’ai réuni lentement les pièces et mon image a pris forme. Il en manque encore quelques unes et je ne crois pas que j’arriverai à les retrouver. Les morceaux réunis sont collés et on en voit encore la trace mais cela ne s’effacera jamais. On n’oublie pas l’inceste et autres traumatismes que l’on a pu endurer. On ne peut qu’apprendre à vivre avec. Le plus dur est d’arriver à trouver ce qui nous fera avancer. Quand on voit tout le "chantier" qu’il y a, on est plein de désespoir. Et pourtant, quand on apprend à s’écouter, on se rendre compte que l’on a le droit d’exister. Exister pourquoi ? pour qui ? Au début, on est seul et perdu. On ne sait par où commencer et on ne sait pas si on veut vraiment commencer. L’important est ne pas rester seul. Cela passe par une activité que l’on a toujours rêvé de faire et qu’on se sent capable d’aller. Ensuite, il faut se forcer pour y aller, et progressivement cela semble moins dur. On prend plaisir à avoir réussi à accomplir ce premier pas. Et puis bien plus tard, on va réfléchir à ce qui nous permettra d’avancer encore, et encore. J’aurais tendance à dire que suivre une thérapie est indispensable. Quand j’entends ma sœur me dire qu’elle n’en a pas besoin parce qu’elle m’a moi ou mon autre sœur... si elle en a besoin. Je ne suis pas psy, et l’avoir plus de 2heures au téléphone cela me saoule. Je l’aime, mais je sature. Par politesse on dit que cela ne nous dérange pas. Je lui ai conseillé le psy, elle m’a répondu "hors de question, je ne suis pas folle". Les psy ce n’est pas que pour les fous. Ma psy m’a dit au tout début "si vous venez me voir, c’est que vous n’êtes pas folle et que vous avez besoin d’aide. De quelqu’un pour vous écouter et vous conseiller pour résoudre vos tourments. Ce n’est pas pareil". Mais bon, franchir l’étape "aller voir un psy" n’est vraiment pas évident et certains pensent que l’on peut s’en sortir sans. Perso, j’ai des doutes ou en tout cas, je pense que la personne mettra plus de temps qu’une autre pour avancer. Sur les conseils de ma psy, j’ai tenu un cahier uniquement "positif". De toutes mes joies, jamais de mes peurs, de mes peines, ou colère. Et en parallèle, j’ai fait comme elle m’a dit. Je me suis forcée à me fixer des objectifs. Petits d’abord, puis de plus en plus "grands", des rêves devenus réalités. Les échecs, car j’en ai eu, interdiction de les consigner. Il faut apprendre à se pardonner, mettre l’objectif de côté temporairement et passer à autre chose. J’ai atteins tous mes objectifs. Aujourd’hui, j’ai fondé un foyer. J’ai un mari que j’aime, qui m’aime et qui me respecte. J’ai deux petites filles adorables et on pense à un troisième. Quand j’ai senti que c’était vraiment ce que je voulais, j’ai tout lâché pour devenir assistante maternelle. J’ai passé mon CAP Petite Enfance pour apprendre à bien faire mon métier (ou en tout cas, ce diplôme m’a apporté le droit "moral" de l’exercer). Il reste toujours des séquelles : fringales incontrôlable, l’impression qu’on va forcément échouer (mais à la différence du "début", je continue je n’abandonne pas), et encore une petite peur de la solitude et de la mort. Mes objectifs maintenant sont plus dans le "plaisir". J’aimerai être capable de jouer de la guitare pour chanter des chansons aux enfants, et enfin mettre en route un bébé l’année prochaine. Je veux par ce témoignage prouver que l’on peut s’en sortir et être heureux même si parfois, il y a des petits "flashs" qui reviennent ou des pincements au ventre. Heureuse je le suis, je suis vraiment très heureuse. Et je veux vraiment que toutes les victimes prennent conscience qu’elles peuvent s’en sortir, que ce n’est qu’une question de temps. Il faut y croire.

galadrielle

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